Culture Musique
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Un ange tombé du ciel (03/04/2006)
Najoua Belizel est numéro un des ventes avec sa chanson Gabriel
BRUXELLES Depuis quelques semaines, le tube Gabriel a envahi les ondes de radio. Son interprète, Najoua Belizel, connaît déjà le succès grâce à ce morceau. Son album, qui s'intitulera Entre deux mondes, ne sera dans les bacs qu'à partir du 12 juin. Pour les plus impatients, un nouveau single, Je ferme les yeux, fera son apparition fin avril. D'ici là, rencontre avec cette artiste qui du haut de ses 23 ans a un regard réaliste et perçant sur la vie actuelle.
Comment a commencé l'histoire de cet album?
«Vers 14 ans, j'écrivais déjà des poèmes et, en grandissant, ces textes sont devenus plus profonds. J'ai pensé cet album comme si c'était le premier mais surtout le dernier. On ne sait jamais de quoi l'avenir est fait. J'y ai donc mis toute mon énergie. C'est un véritable album-concept qui parle de mes vérités, de mes croyances et de mes craintes.»
Qu'entendez-vous par album-concept?
«C'est un album où tout doit être en équilibre. On a travaillé comme des alchimistes dans un laboratoire. On a travaillé le son, les mots et la musique, tout a presque été pesé. C'est pour cela qu'on a mis 4 ans à le terminer! On a essayé de trouver un équilibre entre le son et l'émotion.»
Vos textes parlent de schizophrénie, de guerre: des sujets assez durs pour une jeune fille de 23 ans...
«Bizarrement, je me demande parfois si je n'ai pas 10.000 ans! Je ne pense pas que ce sont des textes trop compliqués. La maturité n'a rien à voir avec l'âge mais avec son vécu. Et moi, j'ai vécu des choses assez difficiles assez tôt que j'ai dû combattre par moi-même. J'étais très réservée, secrète et silencieuse, donc quand il m'arrivait quelque chose de mal, je ne savais pas déceler si c'était bon ou mauvais. C'est la musique qui m'a permis de faire la distinction.»
Pourquoi avoir appelé votre album Entre deux mondes?
«J'ai joué sur les ambiguïtés. Entre deux mondes, c'est entre le bon et le mauvais, entre mes deux cultures aussi, entre le ciel et la terre. Il y a beaucoup de subtilités sur l'album. Je ne suis pas tiède, j'aime ce qui est chaud ou ce qui est froid! Il faut essayer de trouver un équilibre, mais je le cherche toujours...»
Vos chansons sont très libres dans les paroles...
«J'essaie de travailler sans tabous. J'essaie de pointer du doigt ce qui ne va pas. Je suis quelqu'un de très sensible et j'ai une personnalité éponge. Quand je suis dans un endroit avec beaucoup de tensions, je les absorbe et cela se sent dans les chansons.»
Gabriel est une chanson religieuse?
«Cela parle plutôt de l'ange asexué, de l'amour pur et de la profession de foi. Je suis très croyante, je crois en mon prochain et j'essaie d'imaginer un monde meilleur. Je pense que nous sommes capables de le faire. Gabriel, c'est le seul ange qui se retrouve dans les trois religions monothéistes, il est aussi bien chez les chrétiens, chez les juifs que chez les musulmans.»
Comment qualifieriez-vous votre musique?
«Certaines personnes aiment dire que Gabriel c'est électro-pop-danse. Pour moi, ce n'est pas danse! À la limite, on peut parler d'électro car il y a des synthétiseurs. Le plus important pour moi dans la musique, c'est l'émotion qu'elle dégage. Dans l'album, il y a une sorte de décroissance. Les chansons vont se suivre, mais seront de plus en plus calmes. Pour terminer, c'est juste la voix et la guitare. C'est comme si ma musique se déshabillait au fil des chansons.»
Najoua Belizel, Gabriel, ARS.
Propos recueillis par Sophie Lagesse
© La Dernière Heure 2006